mardi 14 mai 2013


Journée d’intégration Fondation Konrad Adenauer
L’unité dans la diversité
Le Réseau des Boursiers et anciens Boursiers  en collaboration avec la Fondation Konrad Adenauer  à organisé le samedi 27 avril dernier, une journée d’intégration en l’honneur de ses étudiants boursiers et anciens boursiers. C’est dans une bonne ambiance  que la dizaine de nationalité présente à cet effet ont partagé échangé, danser. Pour la circonstance une conférence à été animée par le Pr Penda  M’Bow sur l’intégration africaine.



Prenant la parole au nom de la représentante résidente de la fondation,  Ute Bocandé a salué le Pr Penda M’Bow et l’ensemble des boursiers.
 Des boursiers qui selon elle,  perpétuent dans la société  la vision de la fondation. Il s’agit selon elle de la culture de la paix, de la citoyenneté etc.
Cette journée visait à montrer selon Amadou Kasset président du réseau, la diversité et la richesse des différentes cultures. Il a salué le bureau sortant pour le travail abattu et à tenu à remercier la fondation Konrad Adenauer pour son soutien à la réalisation de cette journée.
Le Pr Penda M’Bow au cours de son exposé à démontrer exemple à l’appui que le facteur géographique n’a  jamais été un blocage à l’intégration africaine.
 A côté de cet aspect géographique elle a rappelé un autre puissant facteur d’intégration africaine qu’est la culture. En parlant des cousinages à plaisanterie qui sont selon elle « des ciments de la société », l’Afrique dispose d’un atout considérable pur aller vers l’intégration.
 L’Afrique selon elle à travers ses organisations précoloniales (centralisation, hiérarchisation etc), n’a juste besoin que d’une réelle volonté de nos hommes politique pour voir son unification se réaliser. Car croit savoir Penda M’Bow «  le mal de l’intégration africaine est les élites politiques africaines ». Toute intégration s’il doit y avoir,  doit se faire par le bas c’est-à-dire en incluant toutes les couches de la société conclu t- elle.
La dégustation des mets des différents pays (Mali, Togo, Guinée, Côte d’ Ivoire, Sénégal, Mauritanie, Gabon, Cameroun, Allemagne) et le chant de leurs différents hymnes nationaux ont été des temps forts de cette journée d’intégration. Une soirée dansante au sein de la fondation a clôturé cette journée riche en couleurs et en sons.
Mohamed DAGNOKO (CESTI)

lundi 13 mai 2013


Trie Unique Mali Sénégal : Ouf ! Ça y est

0 réaction [-] Texte [+] Email Imprimer  
Le Transit Routier Inter-  Etat (TRIE) est désormais une réalité entre le Mali et le Sénégal depuis le mardi dernier. Dubitatifs, hésitants voir même méfiants, à l’image de deux amants se posant de nombreuses questions avant de franchir le cap du mariage, le Mali et le Sénégal se sont finalement passés la corde au cou (TRIE), pour le meilleur et pour le pire ?
Si nos Etats n’ont rien à envier à  l’athlète Usain Bolt quand il s’agit de la ratification des traités sous régionaux et internationaux, à l’inverse la tortue ne les envie en rien quand il s’agit de leur   mise en œuvre effective.
Prévue par la convention de la Communauté des l’Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) depuis 1982, le Transit Routier Inter- Etat n’est que bénéfique pour toutes les parties.
On se posera alors la question pourquoi avoir attendu trente un ans (31 ans) pour qu’elle soit une réalité entre nos deux Etats qui , pourtant ont depuis toujours entretenu des relations commerciales très étroites ?
Mais bon passons, tout ceci est derrière nous, et l’essentiel aujourd’hui est que  nos deux pays ont fait un pas de géant vers « une intégration économique régionale » selon les mots du Premier ministre sénégalais Abdoul Mbaye.
Ouf ! Pour les opérateurs économiques, qui à travers la réduction du temps de voyage (07 à 04 jours) et la réduction de la taxe d’escorte (de 145 000FCfa à 72 500FCfa) verront leur prix de revient qui était de 30% se réduire de façon considérable.
Ouf ! Pour les consommateurs maliens, qui éprouvés par la crise sentiront certainement l’impact de ces mesures sur leur portefeuille qui à tendance à se rétrécir jour après jour comme peau de chagrin.
Ouf ! Pour les transitaires, qui attendaient depuis belle lurette la mise en œuvre de cette mesure, qui  avec  le suspens de la taxe va vraiment les soulager.
Ouf ! Pour les deux Etats qui, à travers cette mesure vont certainement augmenter les échanges commerciaux, pour le bonheur des deux peuples.
Conduite par cellule chargée des réformes et de l’amélioration du climat des affaires du ministère du Commerce et de l’Industrie, l’histoire retiendra que sous le magistère, d’un certains Abdel Karime Konaté que le « vieux rêve », de l’ensemble des acteurs impliqués dans le commerce s’est réalisé. Si ses prédécesseurs n’ont pas démérité en  activant les leviers de ce processus, lui,  grâce à sa pugnacité et son sens élevé du devoir est venu à bout de ce TRIE.
L’automatisme du processus prendra sûrement un de temps, mais la bonne volonté affichée par les acteurs maliens et sénégalais présage  de sa réussite. Nous n’avons donc plus qu’à souhaiter, heureux ménage aux nouveaux mariés.
  Mohamed Dagnoko du journal Le Pouce étudiant au (CESTI Dakar)
SOURCE:   du   10 mai 2013.    
Article visité 140 fois

vendredi 10 mai 2013


Mamadou Tieny Konate président du Collège transitoire de la CCIM : « L’escorte ne concerne pas tous les produits…. »

0 réaction [-] Texte [+] Email Imprimer  
Partie prenante  du  Transit Routier  Inter-états (TRIE), le président du Collège Transitoire de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali (CCIM), présent à Dakar au Lancement nous parle du TRIE ; de ses principes et du rôle de son institution dans sa mise en œuvre.
Mamadou-Tieny-konate
Mamadou-Tieny-konate
Le Pouce : Qu’est ce que c’est que le TRIE ?
MTK : C’est un régime douanier de transit des marchandises du point de départ au point d’arrivée au sein de la CEDEAO. Il a pour objectif ,  de faciliter la circulation des marchandises en provenance des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) vers d’autres pays et aussi celles provenant des pays hors UEMOA. Il permet aussi d’améliorer la fluidité du transport. Et pour que les Etats qui ont des recettes liées aux droits des douanes ne soient pas lésés, on a imposé un système de garantie.
Le Pouce : En quoi consiste cette garantie ?
MTK : Selon les termes de la convention de la CEDEAO, ce sont les chambres consulaires de chaque pays qui assurent cette garantie, ce qui n’est pas le cas du Ghana où c’est une compagnie d’assurance qui gère. Cette garantie est constituée des 0,5 pour cent de la valeur Coût, Assurance, Fret (CAF) qu’on perçoit sur les marchandises. Cette manne est partagée entre les deux chambres consulaires de chaque corridor. Pour sa réussite nous avons fait un protocole entre nos deux chambres afin que chacune puisse jouer efficacement son rôle sur son territoire.
Le Pouce : Quelles sont les missions des chambres de commerce dans la mise en œuvre du TRIE ?
MTK : Les chambres de commerce fabriquent et mettent à disposition le  carnet de transit du TRIE, et mettent à disposition le macaron et le plomb. Ces deux derniers (macaron et plomb) servent à sécuriser le chargement. Car il ne doit  être déversé qu’à  la destination prévue. En plus de ces mesures,  on aura le contrôle électronique qui va aussi prévenir les cas de fraudes.
Le Pouce : Le Premier ministre sénégalais a appelé les forces de l’ordre et des douanes au respect à la lettre et à  l’esprit de cette convention. Que sous tend un tel appel ?
MTK : Avant les accords, chaque pays avait son propre système de contrôle. Le TRIE était partiel, il n’était appliqué qu’au Mali à partir de Diboly. Le Sénégal procédait à l’escorte des cargaisons. Alors qu’avec le TRIE l’escorte doit disparaître. C’est pourquoi,  le Premier ministre du Sénégal a tenu a rappelé à ses services respectifs, les dispositions du TRIE unique. Il s’agit de  mettre fin aux points de contrôles intempestifs. Car avec le TRIE, il n’est prévu que deux points de contrôles à Kaffrine et à Kidira. Au Mali notamment on aura deux postes de contrôle.
Le Pouce De 145 000FCfa, l’escorte vient désormais à 72 500 soit la moitié. Quel sera l’impact sur le prix des produits ?
MTK : L’escorte ne concerne pas tous les produits. Nous avons de commun accord retenu sept produits, parmi lesquels : le riz, l’huile végétale, le pétrole , la tomate. Ces frais à terme doivent disparaître. L’impact en tout cas se fera sentir au niveau des prix.
Le Pouce : Quelles sont les mesures que vous comptez prendre, à fin que le TRIE soit une réussite ?
MTK : Les deux chambres et les pus hautes autorités des deux pays, ont conçu un plan de communication stratégique qui doit accompagner la mise en œuvre du TRIE. Il va sensibiliser toutes les parties prenantes, usagers, opérateurs économiques, services de douanes etc…, pour la mise en œuvre de façon effective au bout d’un an.
Propos recueillis par
Mohamed DAGNOKO  étudiant
au  CESTI Dakar pour Le Pouce

Ils ont dit
Babalaye Daou Président du Conseil Malien des Chargeurs (CMC)
« C’est en fonction de cette compétitivité que nous conseil malien des chargeurs allons choisir. »
« La réduction de moitié de la taxe d’escorte est très importante. Il y a environ trois cent (300) camions qui roulent quotidiennement entre le Mali et le Sénégal. Dire que ces camions vont passer de 145 000FCfa à la moitié, c’est tout bénéfice pour le Mali. Il faut savoir qu’au Mali le coût de transport représente trente pour cent du prix de revient. Alors tout abattement est la bienvenue. Le système de géo localisation permettra à terme de supprimer cette taxe. Nous allons sensibiliser pour la réussite du TRIE. Car même s’il y a toujours quelques individus, il faut savoir que la presque totalité des opérateurs économiques maliens sont en dehors des magouilles. La diminution de la taxe va entraîner plus de rotation des camions, c’est-à-dire que le prix de transport va baisser, et ces deux éléments conjugués, vont jouer sur le prix de revient de la marchandise et en ce moment sur le prix de vente. C’est une chaîne qui se tient l’un à l’autre. C’est aussi dans l’intérêt du Sénégal. Car les achats vont se multiplier au Sénégal, le passage de nos frets par le port de Dakar qui deviendrait compétitif, parce que le corridor sera compétitif. Aujourd’hui nous sommes à un million cinq cent mille tonnes, nous allons passés, si cela se fait bien à deux millions voir deux millions cinq cent mille tonnes. Mais tout dépend de la compétitivité des corridors. Et c’est en fonction de cette compétitivité que nous conseil malien des chargeurs allons choisir ».
ABDOULAYE PONA PRESIDENT DE LA CHAMBRE DES MINES DU MALI (CMM)        
« Nous invitons les autorités des deux pays à mettre en œuvre cette procédure »
« Des attentes très fortes. Le TRIE va permettre deux choses auxquelles nous, nous sommes beaucoup intéressées, il s’agit  de la réduction des délais d’acheminement des marchandises et ensuite le TRIE va passer par une route qui va nous permettre de raccourcir les distances. Nous allons pouvoir rattraper deux cent kilomètres.  Cela est très important, car nous les miniers nous ne pouvons pas attendre longtemps. Dès qu’il y a rupture chez nous ça cause pas mal de dégâts. Raison pour laquelle, nous évitons les ruptures au maximum des stocks de nos produits de consommations que ça soit le pétrole, le gasoil les produits chimiques, les pièces de rechanges etc.… On a une attente pressante, c’est pourquoi nous invitons les autorités des deux pays pour mettre en œuvre cette procédure. Les taxes on été réduites en attendant. Là où il y a TRIE on ne parle pas de taxe d’escorte. On ne pouvait pas aussi supprimer l’escorte sénégalaise, on est obligé de la maintenir. Mais ils ont été gentils en ramenant à cinquante pour cent ce qui n’est pas mal déjà.  A la longue,  elle va tomber. Nous saluons les autorités sénégalaises qui n’ont ménagé aucun effort pour accorder les points que nous avions soulevé et nous permettre d’aller vers une convergence régionale ».
SOULEYMANE BABA TRAORE PRESIDENT DU SYNDICAT DES Transitaires DU MALI (SYTRAM)
« ……cela va se répercuter sur le prix des produits. »
Nos attentes, c’est la  facilitation. Ce document permet le transport de marchandises d’un pays à un autre en suspens de droits. C’est vrai que ça durer depuis 1982, et nous transitaires  on attendait ça depuis longtemps. Qui dit carnet de TRIE, parle de facilitation.  Si l’appel des autorités est entendu au niveau de la police, des douanes, au lieu de faire sept (07) à huit (08) jours sur la route, avec le TRIE unique on fera quatre (04) jours. Côté financier, nous serons soulager, car plus le nombre de jours diminue les coûts diminuent. Enfin, cela va se répercuter sur le prix des produits.
Propos recueillis par
Mohamed DAGNOKO (CESTI Dakar)

Transit routier inter-états entre le Mali et le Sénégal : Pour un destin économique commun

0 réaction [-] Texte [+] Email Imprimer  
Le ministre de l’Equipement et des Transports, le colonel  Abdoulaye Koumaré, accompagné de ses homologues du Commerce et de l’Industrie, Abdel Karime Konaté, Marimpa Samoura chargé du budget  et les présidents du Collège Transitoire de la Chambre de Commerce et de l’Industrie, de celui des mines, des transitaires et plusieurs autres acteurs du TRIE viennent de prendre  part dans la capitale  de la république sœur du Sénégal au lancement officiel des activités du TRIE UNIQUE entre le Mali et le Sénégal .
Lt-colonel Abdoulaye Koumare
Lt-colonel Abdoulaye Koumare
 Au-delà de l’amélioration de la fluidité des échanges, l’application du document unique du TRIE sur l’axe Dakar-Bamako, permettra au Mali, de s’ouvrir davantage à l’extérieur et de réduire les délais de transport, estime le ministre du Commerce et de l’industrie Abdel Karime  Konaté.
Porté par le ministère du Commerce et de l’Industrie à travers sa cellule chargée des reformes et de l’amélioration du climat des affaires,  il a fallu selon le ministre,  l’effort des administrations et du secteur privé des deux Etats  pour que l’application du TRIE soit une réalité. Il a tenu a salué cet effort.
Pour le Premier ministre sénégalais Abdoul M’Baye qui a présidé la cérémonie de lancement le mardi 7 mai 2013 à Dakar, le Transit Routier Inter-état (TRIE) entre le Sénégal et le Mali est d’une« impérieuse nécessité  pour nos pays en voie de développement de donner corps à l’intégration économique sous-régionale ». Car selon lui « Nul doute que nos rythmes de croissance respectifs dépendent de notre intégration économique, et cette intégration économique dépend du développement de nos échanges commerciaux ».
Adopté le 29 mai 1982, la convention de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) relative au régime du TRIE vise à faciliter la circulation des marchandises dans l’espace communautaire. Le mécanisme permet la circulation des marchandises d’un bureau de douanes d’émission du pays de départ au bureau des douanes d’arrivée du pays de destination, sur la base d’un carnet unique, en suspension des droits et taxes suivant un itinéraire prescrit. A ce titre, estime le ministre du Commerce et de l’Industrie Abdel Karime Konaté, « la rationalisation des contrôles routiers et l’harmonisation des procédures qui en découlent, seront très bénéfiques pour les opérateurs économiques et le climat des affaires dans les deux Etats. »
Embouchant la même trompette, le Premier ministre sénégalais affirme que « le TRIE apportera, sans doute un gain de temps (en raison de deux postes de contrôles retenus par pays) et réduira des coûts pour les transporteurs et commerçants empruntant le corridor Dakar-Bamako ». Il a aussi annoncé qu’en lieu et place des cautions  bancaires habituellement exigées pour les acquits-à-caution, il sera institué un fonds de garantie alimenté par une cotisation de 0,5   cent de la valeur Coût, Assurance, Fret (CAF) des marchandises transportées sous ce régime. Par ailleurs, l’escorte douanière, souvent lourde et onéreuse pour les opérateurs, sera, à terme supprimée pour les marchandises circulant sous le régime du TRIE. Elle sera définitivement remplacée par un suivi électronique des marchandises, assure le chef du gouvernement sénégalais. « Dans cette attente, dès le démarrage du TRIE, et pour rendre plus compétitif le corridor Dakar-Bamako, par Kidira et Diboli, les frais d’escorte actuellement fixés à 145 000 FCFA seront réduits de moitié ». A-t-il indiqué. Enfin Abdoul M’baye a exhorté les forces de sécurité et de contrôle à se conformer strictement à la lettre et à l’esprit de la convention du TRIE.
Mohamed Dagnoko  étudiant au CESTI Dakar pour Le Pouce

vendredi 3 mai 2013


Editorial / Reubeuss : un tremplin ou une fosse aux lions pour Karim Wade


Adam Thiam (Le Républicain)
Adam Thiam (Le Républicain)
Le fils qui régnait sur tout ce qui bouge il y a peu a dormi sa première nuit de prisonnier à Reubeuss. Dans un sens, il chasse de race. Car le père fut un habitué de la prison. Mais le redoutable opposant de l’époque  était derrière les barreaux pour des raisons politiques, y compris quand il fut incarcéré pour l’assassinat de Me Babacar Seye en 1993 avant d’être blanchi plus tard lors d’un procès. Là est la différence entre Abdoulaye Wade et Karim Wade.
Le premier était la bête noire du régime qui l’a embastillé et qu’il battra à la présidentielle historique de 2000. Le second est en prison pour présomption d’enrichissement illicite d’un niveau révoltant dans un des pays les plus pauvres au monde. Il lui est reproché d’être assis sur une fortune mal acquise valant le tiers du budget sénégalais. L’accusation est extrêmement grave si elle est fondée. Car elle fait honte aux législatures de Wade durant lesquelles Dakar était plongé dans le noir pour moins de 200 milliards Cfa d’investissement. Au-delà, elle interpelle les élites africaines tout simplement en mettant en relief leur responsabilité dans la descente aux enfers du continent où l’homme est né  et où il continue de mourir à peine né, où il subit encore les morsures de la faim, le fléau des maladies ainsi que les ravages de l’illettrisme. Mais l’accusation reste tout aussi grave si elle est infondée. Parce que tout comme Wade en 2000 qui n’a pas su prendre la mesure des enjeux, Macky Sall, par les circonstances de son arrivée au pouvoir, n’est pas que le président du Sénégal. Il incarne l’espoir de tous les Africains qui désirent une autre manière d’être gouvernés. Gouvernés dans la justice et l’équité. Gouvernés loin des logiques de revanche ou de vengeance. Et gouvernés dans toute l’humilité et la concentration nécessaires à l’Afrique qui gagne. Il ne faut préjuger de rien car nul ne doit être au dessus de la loi, même quand il s’appelle Karim Wade. Mais Macky Sall devra faire attention au retour de boomerang. Car si le dossier est vide ou « vidé », Reubeuss peut bien, toutes proportions gardées, avoir pour son pensionnaire les promesses de Reuben Island pour un autre illustre prisonnier.
Adam Thiam pour Maliweb.net

OBTENTION D’UNE CHAMBRE AU CAMPUS SOCIAL DE L’UCAD
La corruption érigée en règle

L’anxiété est le sentiment le mieux partagé au campus social de l’université Cheick Anta Diop de Dakar. Moins de cinq mille lits pour plus de soixante quinze mille étudiants. En attendant la fin de la codification (répartition des lits), qui fera sans doute de nombreux mécontents, les étudiants prient, combinent, tente de corrompre, juste pour une seule place.

Ça craint. Le Centre des Œuvres Universitaires de Dakar (COUD), à du pain sur la planche. En effet le campus social dont il à la gestion, suite à la démolition de certains bâtiments et à l’évacuation des pavillons dits espagnols, se retrouve avec moins de cinq mille lits pour son pléthore d’étudiants.
Un nombre de lits loin de satisfaire les besoins des étudiants en matière de logement qui va crescendo d’année en année. Six l’année dernière, Moussa Dia partage cette année la chambre avec onze autres étudiants. La promiscuité c’est leur quotidien.
Le thé à la menthe qui boue sur le feu à l’autre angle de la chambre, n’attenue en rien cette odeur forte et âcre qui vous tenaille l’estomac et lui fait faire un grand tour dès votre entrée dans cette chambre. La puanteur des souliers que vient de retirer, cet autre étudiant, n’est pas pour arranger les choses. Au même moment, dégoulinants de sueur, Aly et Modou de retour du terrain de football, jettent dans un coin de la maison leurs habits tout trempés. Le désordre est patent.
En l’espace de quelques minutes l’air devient presqu’irrespirable. Le bruit de la vieille photocopieuse de Cheick N’Diaye occupé à satisfaire des clients, au N’balax que distille la mini chaîne de Sékou, s’ajoute le débat passionné entre trois autres étudiants sur les récente débâcles du Barça et du Réal Madrid en league des champions face respectivement au Bayern et au Borussia Dortmund.  On se croirait au marché de Sandaga (grand marché de Dakar). 
« C’est toujours comme ça ici, souvent c’est plus animée car nous recevons la visite d’autres amis. » lâche un d’entre eux dans une indifférence déconcertante. Mais tout ce tohu bohu, ne semble avoir aucun effet sur Fallou, qui semble plongé dans une bulle qui l’épargnerait de ces bruits. Le titre de son livre en ait certainement pour quelque chose, titré « comment aimer une femme africaine » de l’auteur ivoirien Isaïe Biton Coulibaly, Fallou n’a d’oreille que pour l’auteur. Étonnant  cependant pour celui qui se distingue de ses autres camarades par son accoutrement. Chapelet avec un autre collier à l’effigie de son marabout, lui pendent au cou. C’est un fidèle de Cheick Bétio, confie Aly qui terminais d’envoyer sa culotte rejoindre les autres habits « puants » dans le coin. La diversité des ouvrages disposés de façon désordonnée formeraient une bibliothèque riche et variée.
Cette situation de surcharge des chambres, le COUD compte y mettre fin à la fin des codifications qui se déroulent actuellement. Elle permettra de désengorger les chambres en attribuant les chambres à un nombre raisonnable d’étudiants. Car dans la situation informelle actuelle, filles et garçons partagent le même pavillon, les nombres ne sont pas déterminés. Mais la suite de ces codifications fera sans doute des mécontents, car le nombre de lits étant très inférieur à la demande.
Un sujet qui aussitôt abordé par Seydou Faye qui vient juste selon lui de se faire enregistré au près du délégué de sa faculté jette une douche froide dans la chambre. Si l’odeur demeure, le bruit quand à lui à disparu, laissant la place au très sensible sujet de la codification, qui lui est abordé avec une peur bleue et calmement. De son grand corps d’athlète aux muscles saillants, c’est d’une voix presqu’inaudible que Moussa N’Diaye dit toute son inquiétude quand aux codifications en cours, « J’ai vraiment peur de ne pas avoir de lit. Les places cette année sont très limitées. Pour ma part je n’ai personne à Dakar chez qui loger. Donc si je n’ai pas de lit je me demande comment je vais m’en sortir ? »
A l’instar de Moussa N’Diaye, Aïssatou Diop assise devant le restaurant « argentin » avec un groupe d’amies ne cache pas non plus son inquiétude, « Je n’ai pas les moyens de louer une la maison hors du campus. Alors si je n’ai pas de maison je suis foutue. »
La corruption comme solution …
La crainte de se retrouver sans lit et ne savoir que faire, amène, ces étudiants à employer des moyens peu orthodoxes. 
Moussa N’Diaye et AÎssatou Diop affirment tous deux, approché les délégués de leur s facultés respectives, afin de négocier des places.  « Nous leur donnons une somme d’argent, et eux à leur tour se chargent de nous satisfaire aux termes des codifications » disent ils.  
Cette façon de faire, à les en croire est infaillible.
Sous le couvert de l’anonymat ce délégué, confirme l’existence de cette pratique, mais ajoute, qu’il ne s’est jamais prêté à cette pratique. Au milieu de la paperasse, visiblement préoccupé par le bon déroulement de la codification, Mamadou Thiam Chargé de la logistique et de la rénovation du campus, du COUD se veut serein quand à la réussite des codifications en cours. « Nous allons rectifier ce qui se faisait avant, c'est-à-dire mettre fin à cette pratique, qui consistait pour certains étudiants à se faire codifier alors qu’ils étaient pas dans la nécessité pour ensuite revendre les lits les lits à ceux qui en avaient réellement besoin de ça. Dans les jours avenir une note va de façon formelle interdire cette pratique. » 
La réhabilitation et la finition de certains bâtiments d’ici la fin de l’année permettront de porter selon lui la capacité d’accueil qui va passer de cinq mille à plus de neuf mille lits.
En attendant la fin des travaux, de la publication de la note d’interdiction, de la fin des codifications, ça corrompt.
DAGNOKO



samedi 20 avril 2013


Editorial / Reubeuss : un tremplin ou une fosse aux lions pour Karim Wade



Adam Thiam (Le Républicain)
Adam Thiam (Le Républicain)
Le fils qui régnait sur tout ce qui bouge il y a peu a dormi sa première nuit de prisonnier à Reubeuss. Dans un sens, il chasse de race. Car le père fut un habitué de la prison. Mais le redoutable opposant de l’époque  était derrière les barreaux pour des raisons politiques, y compris quand il fut incarcéré pour l’assassinat de Me Babacar Seye en 1993 avant d’être blanchi plus tard lors d’un procès. Là est la différence entre Abdoulaye Wade et Karim Wade.
Le premier était la bête noire du régime qui l’a embastillé et qu’il battra à la présidentielle historique de 2000. Le second est en prison pour présomption d’enrichissement illicite d’un niveau révoltant dans un des pays les plus pauvres au monde. Il lui est reproché d’être assis sur une fortune mal acquise valant le tiers du budget sénégalais. L’accusation est extrêmement grave si elle est fondée. Car elle fait honte aux législatures de Wade durant lesquelles Dakar était plongé dans le noir pour moins de 200 milliards Cfa d’investissement. Au-delà, elle interpelle les élites africaines tout simplement en mettant en relief leur responsabilité dans la descente aux enfers du continent où l’homme est né  et où il continue de mourir à peine né, où il subit encore les morsures de la faim, le fléau des maladies ainsi que les ravages de l’illettrisme. Mais l’accusation reste tout aussi grave si elle est infondée. Parce que tout comme Wade en 2000 qui n’a pas su prendre la mesure des enjeux, Macky Sall, par les circonstances de son arrivée au pouvoir, n’est pas que le président du Sénégal. Il incarne l’espoir de tous les Africains qui désirent une autre manière d’être gouvernés. Gouvernés dans la justice et l’équité. Gouvernés loin des logiques de revanche ou de vengeance. Et gouvernés dans toute l’humilité et la concentration nécessaires à l’Afrique qui gagne. Il ne faut préjuger de rien car nul ne doit être au dessus de la loi, même quand il s’appelle Karim Wade. Mais Macky Sall devra faire attention au retour de boomerang. Car si le dossier est vide ou « vidé », Reubeuss peut bien, toutes proportions gardées, avoir pour son pensionnaire les promesses de Reuben Island pour un autre illustre prisonnier.
Adam Thiam pour Maliweb.net