dimanche 19 avril 2015

GOUVERNANCE DU MALI
Le MP22 appelle à rompre définitivement avec le régime IBK



Ce mercredi 15 avril au moment ou des délégations  de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) étaient attendues à Alger pour parapher l’accord de paix, le Mouvement Populaire du 22 Mars (MP22) tenait une conférence de presse à Bamako pour  dénoncer un accord de démantèlement de notre pays.
Comme à ses habitudes depuis le coup d’Etat du 22 Mars 2012, les déclarations du MP22 de ce mouvement sont aussi fracassantes les unes  que les autres.  Pour le MP22, ce accord va démanteler l’Etat unitaire du Mali via la régionalisation qu’il prône et le statut particulier qu’il concède aux régions du Nord Mali.  Le paraphe de ce document par le gouvernement est selon Mohamed Tabouré le conférencier, une trahison qui n’apportera jamais la paix.
Car,  sans le démantèlement  des séparatistes, des jihadistes et leurs soutiens, les notions de décentralisation poussée, de régionalisation avec la possibilité de choisir son reviennent à reconnaitre par la force des choses « l’Azawad » estime le MP22.
Le mouvement reproche  au régime de s’être acoquiné avec la France et les Etas Unis pour leur céder les bases militaires de Tessalit et de Gao. A son élection le président avait promis que nul ne sera au dessus de la loi. Mais le constat aujourd’hui selon le MP22, c’est la levée des mandats d’arrêt de la justice malienne contre les élus et chefs de guerre rebelles assassins d’Aguel hoc et le recyclage électoral de 03 d’entre eux au sein du parti présidentiel.
Des pratiques, qui doivent selon les leaders du mouvement n d’appeler ceux  qui « s’illusionnent encore sur ce régime de rompre définitivement avec lui … »
Le MP22 qui a soutenu le putch du 22 Mars contre ATT, pense aujourd’hui que son régime valait mieux que l’actuel d’IBK.
Après avoir fustigé l’accord de défense signé avec la France et qui met notre armée dans une position de spectateur, le MP22 appelle à la libération de Sanogo et compagnie qui sont selon eux détenus arbitrairement.
Ils ont réitéré leur soutien au Groupe Armé Touareg Imghad et Alliés (GATIA) qui récemment a infligé de lourdes pertes au MNLA et aux jihadistes.

Le MP22, selon Pérignama Sylla n’est pas contre le retour d’ATT au pays, à condition qu’il réponde de ses actes devant la justice.

dimanche 12 avril 2015

CRISE DE L’EMPLOI AU MALI
La reconversion dans l’air du temps


Face à l’incapacité des diplômes de nos universités à  procurer de l’emploi à de nombreux jeunes ; ils ont décidé de prendre leur destin en main. Ils essayent désormais la reconversion vers des créneaux et corps de métiers dits porteurs.
Le chômage dans notre pays est endémique.  Tout le monde s’accorde à le dire. Les jeunes diplômés de nos universités peuplent nos rues autour des théières, à déposer sans grands espoirs leurs dossiers dans les structures de la place ou a enchainé stage après stage sans être embauchés.
Mais, malgré ce constat, ils sont des milliers chaque année à venir peupler le marché de l’emploi déjà saturé.  Pour quitter cette sphère de paupérisation croissante,  échappé au cercle vicieux des petits boulots de survie, les jeunes maliens ont décidé de prendre leur destin en main, en s’orientant vers les secteurs employeurs et porteurs. Ils se reconvertissent donc. Pour…….. Boiré, conseiller technique à l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCMM) «  les jeunes se rendent à l’évidence que les secteurs comme l’artisanat ne sont pas dégradant comme on tente de faire croire. » mieux, c’est des secteurs qui emploient plus que la fonction publique. Depuis le début de mois de Mars ils sont une centaine à participé chaque samedi et dimanche aux formations initiées par le Réseau des Ambassadeurs du Développement (RADEV) à Daoudabougou. Formés en montage de projet et en leadership, les opportunités qu’offrent l’agrobusiness et l’artisanat qui sont des secteurs dits porteurs, sont exposées aux jeunes. Les aspirants au même sous secteurs de l’agriculture ou de l’artisanat, sont regroupés dix par groupe, coachés, mieux outillés sur le secteur choisi, comment acquérir les financements et vers qui se diriger pour les avoir. « Après ces deux jours de formations, je suis désormais sûr que je ne vais plus durer au chômage. » admet Adama Coulibaly détenteur d’une maîtrise en  géographie, à sa sortie de la formation. Adama, à l’image de plusieurs autres formés, se disent prêts à s’investirent vers ces secteurs qu’ils jugent « prometteurs ».
Des juristes….maçons ?
L’Etat les y accompagne. Dans la deuxième génération de son Programme d’Emploi Jeunes (PEJ2), l’Agence pour l’Emploi des Jeunes (APEJ), prévoit la reconversion des jeunes vers « 14 filières » selon son coordonateur régional du district Abdoul Kader Sylla. Jugées porteuses par la Direction Nationale de la Formation Professionnelle (DNFP), ces filières sont entre autres : La maçonnerie, l’électricité bâtiment, plomberie sanitaire, carrelage, peinture bâtiment, système d’information géographique, coupe-couture stylisme, la transformation agroalimentaire, la chaudronnerie, l’infographie etc.  S’étendant sur une durée de 3 à 6 mois selon les filières, les objectifs est de « renforcer l’employabilité des jeunes » selon Abdoul Kader Sylla. Débuté le 16 mars pour prendre fin le 30 du même mois, la date compte tenu de « l’engouement » a été prolongée pour prendre fin hier 08 Avril. A la date du premier Avril, la coordination enregistrait plus de 600 dossiers pour le seul district de Bamako pour les 834 places disponibles pour l’ensemble du territoire. Un nombre qui peut être revu à la hausse, en fonction de
 « la demande et de la disponibilité des ressources » lâche Abdoul Kader Sylla.

Des diplômes de plomb
 « Nos universités forment des chômeurs », cette phrase n’émeut plus personne, tant le fait  est vécu dans presque toutes les familles maliennes et en passe d’être banalisé. L’incompatibilité entre la formation et l’emploi est pointé du doigt. « Le Mali compte plus de juristes de géographe et de socio anthropologue que de mécaniciens auto, de menuisiers de soudeurs. » lance cet artisanat à la tâche et de conclure comme une sentence « aucun pays ne peut se développer qu’avec des théoriciens. ».

Des théoriciens qui décrient cette politique de l’Etat qui consiste « à former pour former » sans alternatives pour les diplômés. « Je m’étonne que des filières entières ne sont pas concernées lors des concours d’entrée à la fonction publique » s’indigne Moussa kanté formé en science de l’éducation à l’ex Faculté des Lettres Arts et Sciences Humaines (FLASH).  Le diplôme malien souffre de son « infériorité » face à ceux obtenus en France, au Maghreb et dans la sous région. Ce double handicap  que constituent « l’incompatibilité » et « l’infériorité » doit pousser l’Etat à reconsidérer sa politique de formation en orientant plus d’efforts vers la formation professionnelle selon ……Bouaré conseiller technique à l’APCMM. Les jeunes ont déjà enclenché la dynamique, reste à l’Etat d’accompagner plus efficacement en y consacrant plus de moyens pour résorber le chômage des jeunes et relancer l’économie Malienne.
FOUSSEYNI MAIGA PRESIDENT DU RADEV

« 2000 personnes ont pu d’ores et déjà bénéficier de nos formations en entreprenariat et leadership. »
Aider les jeunes en les formant au leadership, à l’entreprenariat et en les orientant vers des secteurs porteurs, voici, la mission que s’est assignée le Réseau des Ambassadeurs pour le Développement (RADEV). Fusion de plusieurs associations de jeunes, ce réseau se veut un outil de promotion de l’auto emploi et d’aide à l’insertion des jeunes. A bâton rompu, son président nous expose, sa raison d’être, ses objectifs et ses perspectives.

 Le  Pouce C'est quoi le RADEV ?
Fousseyni Maïga : Le Réseau des Ambassadeurs du Développement (RADEV-MALI) est une association de réflexion et d’action citoyennes dont la mission est de promouvoir le développement au Mali. Le Radev-Mali œuvre en faveur d’un double changement, celui des mentalités et des comportements au Mali. A cette mission s’ajoute la promotion des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Le RADEV est une entité indépendante dont les actions sont exclusivement orientées en faveur des communautés locales et du développement communautaire.
Nos actions s’articulent autour de 4 axes majeurs que sont: la formation et les renforcements de capacités ; les études et publications ; l’information et la sensibilisation ; le lobbying et les plaidoyers.
Nos domaines d’activités stratégiques sont : l’éducation et la santé; la sécurité alimentaire ; la culture et la citoyenneté ;l’emploi des jeunes ; le développement durable ; la démocratie et la bonne gouvernance ;  la justice et la réconciliation ;  l’environnement et l’assainissement.

Le Pouce : Quelles sont les cibles des formations en entreprenariat et leadership que le Radev organise ?

FM : Rappelons d’abord que ses formations s’inscrivent dans le cadre du Projet REJESEP ‘’Réorientation des Jeunes vers les Secteurs Porteurs’’. Une initiative du Radev qui s’inscrit dans le cadre de la promotion des secteurs productifs comme l’Agriculture, l’agro-business, l’élevage, la pèche auprès des jeunes. Axé sur la promotion de l’entreprenariat et d’activités génératrices de revenus, le projet REJESEP comprend quatre (4) composantes :  la Formation de 2000 jeunes en Entreprenariat et Leadership ; l’installation (identification de projet, conception de plan d’affaires, appui à la recherche de financement et coaching individualisé) de 1000 jeunes dans des activités génératrices de revenus ; la formation de 1000 jeunes en techniques de recherches d’emploi et coaching personnalisé jusqu’à l’obtention d’un emploi ou stage ; une campagne de plaidoyers pour l’introduction des modules d’Entreprenariat dans les cursus universitaires (à partir de la 3ème année) et professionnels (dès la spécialisation).
La première composante du projet REJESEP, notamment la formation gratuite de 2000 jeunes en Entreprenariat et Leadership, cible particulièrement les étudiants en fin de cycle et les jeunes diplômés sans emploi.
Le Pouce : Quels sont les modules abordés dans ces formations ?

FM : Les formations portent sur 4 modules principaux qui sont : les Créneaux porteurs, l’Agro-business, l’entreprenariat, le leadership et le développement personnel. Tous ces modules visent une meilleure appropriation des concepts de leadership et d’entreprenariat par les jeunes et l’acquisition de connaissances et de techniques pour valoriser leur potentiel. A cet objectif, s’ajoutent la promotion du développement et la vulgarisation des nouveaux outils de création d’entreprises.

 Le Pouce:Qu'est  ce qui selon vous pousse les jeunes vers la reconversion ?

FM : Bien entendu le manque d’emploi. Mais limiter la problématique de la reconversion uniquement à cet aspect, serait lui ôter toute sa quintessence. Parce que la reconversion en elle-même ouvre le débat sur l’inadéquation des offres de formations et les besoins du marché de l’emploi. L’Etat dépense chaque année des milliards dans la formation de juristes, d’économistes, de littéraires. Ces derniers, au terme de leur formation initiale, se retrouvent tout simplement dans la rue parce que ne répondant pas aux besoins du marché de l’emploi. Les jeunes sont donc, pour ne pas rester inactifs, obligés de se reconvertir vers d’autres secteurs d’activité.  

Le Pouce :  L'agro business et l'artisanat sont des créneaux vers lesquels vous invitez les jeunes, pourquoi?

F M : Pour la simple raison qu’ils regorgent de nombreuses opportunités et potentialités. Au Mali, le secteur Agricole (agriculture, élevage, foresterie et pêche) est considéré comme le moteur de la croissance économique en raison des énormes potentialités dont dispose le pays et de l’importante majorité de la population qu’il emploie (80% de la population active). Le secteur contribue en moyenne pour 40 à 45% au PIB avec un taux de croissance moyen de 3,6% par an. Par comparaison, l’or qui constitue la principale ressource minière du pays, contribue au PIB à hauteur de 10%.

Le Mali recèle de grandes potentialités Agricoles. Pour ce qui concerne la production, le potentiel des espaces physiques est globalement estimé à 46, 6 millions d’hectares, dont 12,2 millions d’ha de terres Agricoles, 30 millions d’ha de pâturage, 3,3 millions de réserve de faune, 1,1 million de réserve forestière. La superficie des zones cultivables et inondables est estimée à 2,2 millions d’hectares. En plus, le Mali a des ressources importantes en eaux  avec 2.600 km de fleuve, une grande diversité biologique, des ressources forestières et fauniques, et un cheptel abondant et diversifié (9 millions de bovins, 22 millions d’ovins/caprins, 1 millions de camelins, 37 millions de volailles). Des statistiques qui prouvent à suffisance la nécessité d’investir dans le domaine de l’Agro-business.
Quand au Secteur de l’Artisanat, il reste sans conteste un gisement puissant  d'emplois dans le milieu urbain, périurbain et rural susceptible d'appuyer efficacement la lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes. En effet, il offre un grand choix de carrières possibles et de réelles opportunités à chaque jeune de devenir son propre patron. Toutefois, l’atteinte de résultats concrets et efficaces requiert nécessairement la mise en lien des différents acteurs de développement autour d’offres de formation professionnelle et de services financiers et non financiers adaptés aux réalités socioéconomiques du secteur de l’artisanat et de ses acteurs.

Le Pouce : A ce jour combien ont bénéficié de la formation du Radev et qu’elle est la suite ?

F M : 2000 personnes ont pu d’ores et déjà bénéficier de nos formations en entreprenariat et leadership. 5000 personnes sont prévues dans les deux années à venir sur toute l’étendue du territoire national.

La formation, comme prévu dans le projet Rejesep, est la première composante. Elle sera suivie de 3 autres phases. La plus imminente est l’installation des participants dans des activités génératrices de revenus. Il s’agira de les aider dans l’identification de leur projet, la conception de leur plan d’affaires et la recherche de financement. Un dispositif de coaching individualisé a d’ores et déjà été mis en place pour cette occasion. Il est également prévu, parallèlement à l’installation des bénéficiaires, une campagne de plaidoyers pour l’introduction des modules d’Entreprenariat dans les cursus universitaires (à partir de la 3ème année) et professionnels (dès la spécialisation).


Le Pouce : Si tant est que après plusieurs années d'études il faut ensuite aller vers des formations et autres, alors, faut-il fermer les facultés ?

F M : Fermer les facultés pour mettre un terme à la reconversion des jeunes, c’est pousser les enseignants à la reconversion. Pour la simple raison que sans facultés, il ne saurait avoir d’étudiants. Et sans étudiants, pas d’enseignants. Le défi aujourd’hui pour notre pays, à court terme, est de réduire de 80% les orientations des bacheliers dans les facultés dont les formations n’offrent pas de véritables opportunités pour les jeunes.
Dans le court terme, il conviendra à l’Etat de mettre en place un programme national de reconversion des jeunes vers les secteurs productifs pour palier à la défaillance due à l’inadéquation entre les offres de formation et les besoins du marché de l’emploi. Aussi, d’introduire l’entreprenariat dans les cursus universitaires et professionnels pour répondre de manière anticipative au problème de chômage des jeunes.
Dans le long terme, le défi sera de renverser la tendance ‘’20% de scientifiques contre 80% de littéraires’’ vers une tendance ‘’70% de scientifiques contre 30% de littéraires’’. Avec la création de beaucoup plus de centres professionnels et le développement de formations courtes. Les universités régionales, à l’image de celle de Ségou, axées sur les potentialités et besoins locaux doivent être multipliées.
Il ne s’agira donc pas de fermer les facultés existantes, qui n’offrent pas assez de perspectives, mais de les réadapter aux réalités économiques conjoncturelles du pays. Et d’ouvrir le débat sur les missions de notre système d’enseignement supérieur. 
Réalisée par Mohamed DAGNOKO
FESTIVAL DE KIRINA
« Construire la mémoire actuelle »

Située à 30 km de Bamako dans la commune rurale du Mandé  la ville de Kirina a abrité du 09 au 12 Avril dernier le festival du même nom. Une occasion de faire découvrir l’immense richesse de la zone et contée son histoire légendaires aux jeunes générations. La cérémonie d’ouverture a enregistrée la participation des députés, des chefs griots, et des populations venues de tout le mandé. La cérémonie était présidée par le ministre de la culture, Ndiaye Ramatoulaye Bah.
Face à la mondialisation qui ne laisse aucune place aux peuples désorientés, les organisateurs ont choisi de valoriser la culture malienne. Et, le lieu choisi à cet effet, a été Kirina. Kirina, car c’est là qu’est né l’empire du Mali suite à la victoire de Soundiata sur Soumahoro Kanté. Selon le Directeur du festival, Lassana Kamissoko « Kirina   a une histoire que le monde entier doit découvrir. »  Le chef du village Bangaly Kamissoko, à salué le choix porté sur Kirina qui selon lui, est un exemple en matière de paix et de cohésion au Mali. Le Maire Mamadou Keïta ne dira pas autres choses. Selon lui, « notre salut face à la mondialisation, qui tend à uniforiserles mœurs est la valorisation de nos valeurs et leur enseignement aux jeunes générations. ». Les interm-des musicales de l’ensemble instrumentale ; du groupe  djiguiya qui ont entre coupé les différentes allocutions ont tous appelées à la paix et à la cohésion pour un Mali prospère. Au lancement de ce festival identitaire, dont l’objectif est de promouvoir le patrimoine culturel du Mandé, le ministre de la culture, Ndiaye Ramatoulaye Bah dira que « la culture est davantage ancrée dans nos lointaines contrées dans sa forme authentique ; qu’il nous appartient de promouvoir. » Si l’histoire du Mandé et de Kirina à de quoi rendre fier les maliens, il ne faudrait pas rester dans la « contemplation », mais plutôt songer à imiter nos « devanciers ». Au Mandé où tout est  culture, où tout est source de savoir, s’y retrouver le temps d’un festival ; ce n’est pas « pour refaire le monde, mais construire la mémoire actuelle » a dit le ministre.  Le festival a permis aux visiteurs de se ressourcer, mais aussi aux populations de valoriser leur ressource naturelle et leur culture.   C’était aussi l’occasion pour certains de renforcer leurs connaissances de l’histoire du Mandé, de découvrir les potentialités artistiques et culturelles de la zone, de créer un cadre d’expressions artistiques, culturelles et artisanales etc. Les organisateurs ont mis ce temps à profit pour  construire un musée, faire le plaidoyer pour que certains sites historiques ( bois sacré de Kirina ; statues de soundiata et de Soumaoro ; sinakourou ;  kôleen etc) figurent dans  la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.  Des expositions ; des réalisations de récits sur l’histoire du Mandé en général et de la bataille de Kirina en particulier fait par des universitaires, des griots à travers des conférences débats, veillées, projections, contes ; des concerts avec des artistes maliens et étrangers dont dont Master Soumi, Gaspi, Ami Koïta,  Sékouba Babino, Bouyé Koité, Mabara Soumano sont entre autres activités qui ont meublé ce festival.

La reconstitution des scènes de guerre entre Soundiata et Soumahoro Kanté a été l’un des moments forts de ce festival.
ALCORD DE PAIX D’ALGER
La CMA, signera….signera pas ?

Décidément cette histoire de paraphe d’accord d’Alger, c’est à y perdre son latin, tant le vocabulaire pour en parler est désormais riche et son nord, tant on sait plus où donner de la tête. Le PM nous dit que l’accord sera signé le 15 Avril, la CMA dément. Qui croire.
Paraphé à Alger le 01 Mars dernier par l’Etat malien et la plate forme, sans celui de la coordination des Mouvements de l’Azawad, l’accord fait couler beaucoup d’encre et de salive. Pour justifier son refus de parapher, la CMA a avancé comme argument de d’Abord « consulter sa base ». Mais en réalité, la CMA qui revendique l’indépendance des trois régions du Nord, n’a consulté qu’à Kidal du 12 au 15 Mars. Là, c’est une foule de badauds manipulés qui sont sortis sous la pression pour disent-ils fustiger et refuser l’accord.
Les deux semaines accordées par la médiation à la CMA pour ce faire, va s’écouler sans que personne ne pipe mot. Mieux, la CMA c’est offert le 17 Mars dernier le luxe de convier l’ensemble de la médiation à Kidal. Pour trouver les mots et masquer sa faiblesse et ce qui pourrait être considéré comme un parti pris, la médiation dira que cette visite avait pour but « d’encourager la CMA de prendre la bonne décision consistant à se joindre à la dynamique ayant présidé au parachèvement de la négociation, en procédant au paraphe de l’Accord, puis à sa signature. ». A celle-ci la CMA a demandé que le compteur de rounds de négociations qui affiche 05, soit remis à zéro.  Pour l’une des rares fois, les « enfants gâtés » de la CMA n’ont pas été suivi dans leur de marche, ni par la médiation ni par l’Etat.
C’était le statuquo. Mais ce jeudi 09 Avril, à la surprise générale, le Premier Ministre Modibo Keïta a annoncé le revirement 180° de la Coordination, qui décide selon lui de parapher l’accord le 15 Avril. Ce paraphe allait mettre un terme aux pourparlers de paix d’Alger.
Le jour d’après, c’est un communiqué  signé par Mossa Ag Attaher  qui vient démentir les propos tenus par le premier ministre. Selon ce communiqué qui selon Mossa Ag engage toute la CMA, rien ne sera signé le 15 Avril. Les raisons : ses amendements remis à la médiation le 17 Mars dernier n’ont pas été pris en compte.
Mais le hic, c’est que ce communiqué n’émanerait pas de la CMA ; mais plutôt du Mouvement Nationale de Libération de l’Azawad (MNLA) qui est une composante majeure, sinon la plus représentatif au sein de la coordination.
« Aucune décision n'a été prise par le MNLA pour parapher ou non le document », c’est ce qu’affirmait il y a peu  Attayer Ag Mohamed, un représentant du MNLA, cité par des médias.
Au même moment, des responsables de la CMA joint par le site d’information Xinhua, affirment être favorables au paraphe de l’accord le 15 Avril soit dans deux jours.
Si la dissension au sein de la CMA ne fait l’objet d’aucun doute, il y a lieu de questionner le gouvernement et plus particulièrement le premier ministre sur le bord et la crédibilité de son interlocuteur au sein de la coordination.
Car de tout temps, le faux-fuyant, le dilatoire ont été les sports dans lesquels les membres de cette coordination ont excellé.
Encore une fois, c’est la crédibilité d’un homme et par ricochet celle de tout un gouvernement qui prend un sacré coup.  En attendant le 15 et voir ce qui va se passer, prenons cette annonce  comme un poisson d’Avril « primatorial. »

dimanche 8 mars 2015



NOUVELLE SUSPENSION D’ATTRIBUTION DE TERRAIN DE 06 MOIS
Bathily se trompe de combat et de cible

La décision interministérielle de suspendre les lotissements et les demandes de transformations de concessions rurales d’habitation en titre foncier  prise le 25 février en conseil des ministres, vient prolonger la crise financière dans laquelle sont plongés les acteurs du foncier depuis plusieurs mois. Une crise, avec son corollaire de chômages, de fermeture de cabinets sous le poids des impôts etc. Et si le ministre se trompait de cible ?
 Dans les cabinets de géomètre experts ; chez les urbanistes, les promoteurs immobiliers, les notaires ont se tourne le pouce. Il n’y a pas de travail depuis le début des suspensions. Ils ont dus tout arrêté. Car l’article 04 de ces arrêtés stipule que « les présentes mesures s’appliquent aux dossiers en cours d’instruction. » Si cette baisse voire l’arrêt de travail chez les acteurs est inquiétant, c’est le chômage qu’il crée au sein des  nombreux jeunes qui œuvrent à leurs côtés qui annihilent les efforts de l’Etat en matière de création d’emploi. Ces jeunes techniciens qui tirent le gros de leurs revenus de la fréquence de marchés, sont aujourd’hui à faire du thé au sein des cabinets et à scruter l’avenir, inquiets. Inquiets de savoir, quand est ce que tout cela va prendre fin.
Après une première suspension de 06 mois (Août 2014 à Février 2015), les acteurs qui s’attendaient à voir levé cette mesure et reprendre les travaux, ont reçu comme un coup de poignard un deuxième arrêté interministériel prolongeant leur souffrance et asphyxiant  leurs sociétés déjà agonisantes.
L’arrêté interministériel N° 2015-0205 des ministères du Domaines de l’Etat, et des Affaires Foncières, de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, pris le 02 Mars dernier suspend les attributions de terrain du domaine immobilier de l’Etat et des collectivités territoriales pour 06 mois.  Cette décision vient prolonger le marasme économique qui ronge les acteurs de ce secteur qui espéraient voir le bout du tunnel.
Les raisons évoquées depuis le début de ces suspensions sont entre autres : la nécessité de sécuriser  les données physiques de la conservation foncière du cercle de Kati et du district de Bamako ;  l’élaboration de la stratégie de mise en place du cadastre au Mali ; le détournement des terrains du domaine public de l’Etat et des collectivités…
 Ce dernier point constitue à n’en point douter le goulot d’étranglement. Le doigt accusateur est unanimement pointé sur les différents acteurs. Ceux-ci n’étant pas blanc comme neige, il convient aujourd’hui à la lumière des textes de voir qui fait quoi exactement.
L’article 02 du code domanial est claire « …tous les immeubles non immatriculés sont du domaine de l’Etat… »  Ce qui sous tend que les terrains ruraux frappés par la suspension d’attribution et de transformation sont concernés. Mais la confusion entre le code domanial et le droit coutumier favorise pas mal de dérive. Le droit coutumier étant exclusivement un droit d’usage, est royalement ignoré par les ruraux avec la bénédiction des autorités. La preuve, les plus grands vendeurs de parcelles sont non les géomètres experts, les coxer mais plutôt les chefs de village avec la complicité des autorités. La vente d’un terrain par un rural à un autre citoyen (alors qu’il n’en n’a pas le droit, car relevant du domaine de l’Etat) est légalisée chez le maire qui délivre un titre provisoire. C’est ensuite au tour du sous préfet après enquête commodo-incommodo et avis de ses services techniques en plus du PV de palabre qui prend la décision de confirmation du titre provisoire. C’est ce titre qui en suivant la procédure d’immatriculation est transformé en Titre Foncier suivant le respect des cahiers de charges.
On voit là tout ce qui se joue au dessus de la tête des acteurs du privé qui pourtant sont considérés comme des brebis galeuses de la sphère foncière.
Empêché des personnes de travailler pendant toute une année n’a jamais été la solution et n’en sera jamais une. La non application des textes et la complicité entre l’administration et ceux qui violent les lois doit cesser.  A défaut d’interdire la vente des domaines de l’Etat pas des tierces personnes, la relecture des textes s’impose pour l’encadrer.
Quid de l’article 05 de cet arrêté ?
Non consultés et informés au même moment que le commun des citoyens, les acteurs privés du foncier ne décolèrent pas. Pis, ils soupçonnent l’Etat de procéder sous couvert de l’article 05 de l’arrêté interministériel à des attributions illégales des terres. Cet article stipule « Des mesures dérogatoires peuvent être spécifiquement prises dans tous les secteurs concernés, pour la poursuite ou l’élaboration de certains projets nécessitant des affectations locations ou cessions de terrains. »
Ce travail reviendrait à la commission interministérielle d’examens des demandes de dérogations.
Nous y reviendrons.



ATTENTAT A LA TERRASSE  
De rue « princesse » à rue « fantôme » ?
Un Français, un Belge, trois Maliens  et plusieurs blessés c’est le lourd bilan de l’attentat de la terrasse qui a eu lieu dans la nuit du vendredi dernier au samedi. Hormis  les deux suspects arrêtés, rien ne filtre pour le moment les enquêtes en cours. Mais au sein des riverains c’est la psychose.
Sur place, le périmètre est sécurisé. Les forces de l’ONU sont à tous les coins de rues. Les passants, motocycliste et véhicules sont obligés de faire de grands détours. Au tour de la Terrasse, sur toute les lèvres ont parle que de l’horrible scène qui a fait 05 morts et plusieurs blessés.  Devant le Tamana,  un restaurant situé à 100 mètre du lieu du crime,  des jeunes au tour du thé dissertent sur le déroulement de l’attentat meurtrier. Abdoulaye appelons le comme ça, dira que la scène s’est produite aux environs de minuit, une heure de grande affluence à la Terrasse. Le commando selon lui enturbanné aurait tout d’abord fait des tirs de sommations avant de tirer à bout portant sur les personnes affolées qui tentaient de s’échapper. La fusillade aura selon durée moins d’une minute. Il affirme même qu’une connaissance à lui du nom de Djawé ferait parti des rescapés. Mieux c’est un miraculé, car à  ses dires,  la seule fille malienne morte était en sa compagnie. Il semblait plus au parfum que le vigile de Tamana et des autres autour de lui, car personnes n’osa l’interrompre encore moins émettre un avis contraire. Mais comment il a pu franchir la sécurité du restaurant avec son arsenal  pour perpétrer son forfait ? Là était la question à mille réponses. Si d’aucuns soutiennent que le loubard préposé à la sécurité à pris la tangente en voyant l’homme armé, d’autres soutiennent que non, car le commando avait dissimulé son arme pour un troisième le gardien mort lors de la fusillade serait le loubard. Inutile de vous dire que sur la question il n’y a pas eu d’unanimité au sein de la petite bande.
Les forces de l’ONU et la police nationale quadrillent bien le périmètre. Une présence qui agace certains passants. «  S’ils avaient procédé de la sorte ( minusma NDLR) au lieu de rester dans leurs chambres climatisées et chercher nos sœurs, cela ne se serait jamais produit. » lance un motocycliste visiblement agacé par la situation. Même son de cloche pour cet autre passant qui à la vue d’un véhicule pick-up surmonté d’armes lourdes (12-7) avec à son bord des policiers encagoulés laisse entendre que « c’est juste pour aujourd’hui et demain. Ensuite ils ne feront plus rien. »
La psychose le long de la rue …princesse
Cette rue est réputée chaude et animée surtout pendant le week-end. Pas moins de Dix bars restaurants longent la rue. C’est un endroit idéal pour déstresser après une rude semaine de travail. C’est ce que semblaient d’ailleurs faire les victimes quand ils ont été surpris par le tireur « encagoulé » « enturbanné » c’est selon les versions. Mais après ce qui vient de se produire, la rue risque d’être déserte pour un bon moment. Tablier proposant de la cigarette, des bonbons au coin de la rue princesse, A.D est sûr d’une chose « à partir de maintenant (Vendredi NDLR), dès 17 heures je vide les lieux. Peu importe ce que j’ai gagné au cours de la journée. Ma vie importe plus que de l’argent. »
Affairé sur le moteur d’un tricycle dans son garage juste en face du bla-bla premier restaurant à l’entrée de la rue, Issa est apeuré. « C’est vrai que je ne reste pas ici tard  puisque je descends le soir, mais il faut dire que je ne suis pas tranquille à l’idée de savoir que des hommes ont été froidement assassinés à quelques pas de mon lieu de travail. Ça ne me rassure pas, même dans la journée. »
Si les vendeurs et autres travailleurs ont le loisir de vite vider les lieux, c’est n’est le cas des habitants de la zone. Eux sont condamnés à y demeurer. Nombre d’entre eux rencontrés devant leur domicile demandent aux autorités policières de veiller sur les lieux 24/24 et toute la semaine. Ils disent avoir peur pour leur vie.
Comme …Charlie
Le mode opératoire n’est pas sans rappeler à Ismaïl  jeunes diplômé sans emploi, habitant des lieux celui des frères Kouchi au sein de la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo. Un attentat qui avait fait une dizaine de morts. « La manière d’agir du commando est pareille à celle des frères Kouachi au journal Charlie Hebdo. S’ils ne sont pas du même bord, je parie qu’il en été inspirée. Seul les buts peuvent différer, car à Charlie il s’agissait de tuer des journalistes connus mais ici il s’agissait de tuer,  rien que de cela » conclu t-il.
Au-delà de cette rue, la psychose est la chose la mieux partagée aujourd’hui à Bamako. Car la question qui taraude les esprits c’est : Où va-t-il frapper à nouveau ?