jeudi 23 avril 2015

IMMIGRATION CLANDESTINE
Ils sont poussés au départ.

Dans un pays où la pauvreté, la mauvaise condition de vie et le chômage des jeunes, restent endémiques la seule alternative reste le départ.
Les naufrages au large de la méditerranée se suivent depuis des années et se ressemblent. La dernière en date, une série  à fait pas moins de 700 morts sur ce que l’on appelle sinistrement « le cimetière des clandestins ». Le monde entier est choqué, on crie au scandale. Ils sont nombreux à pointé du doigt les passeurs, qui sont  qualifié de « négriers » modernes par certains, mais Matteo Renzi le premier ministre Italien préfère les nommer « les esclavagiste du XXIème siècle. »
Contre ces passeurs, l’Europe envisage l’utilisation de  la force militaire pour détruire leur embarcation et bateaux. Cette réponse de l’Europe faut-il le dire est vouée à l’échec, car ne s’attaquant pas à la véritable source de l’immigration qui contrairement à ce qu’on nous fait croire ne sont pas les passeurs. Dans un pays où, la pauvreté, les conditions difficiles de vie, la précarité et le chômage des jeunes, restent endémiques la seule alternative reste le départ. Mais, c’est aussi oublié le caractère culturel qu’a revêtu l’immigration. C’est le cas au Mali, plus précisément dans la région de Kayes. Avec ces plus de 1 400 000 habitants, la 1ère région reste la plus frappée par le phénomène. Ici, c’est presque une obligation pour chaque famille d’avoir un fils en Europe pour ne pas dire en France.  Et, ils sont nombreux à emprunter la voie clandestine. Ne pas œuvrer à sensibiliser et à résorber le chômage et réduire la pauvreté, c’est se tromper de cible.
Sommes nous de bonnes foi ?
 L’immigration clandestine, c’est de la main d’œuvre bon marché pour les entreprises européenne, et l’immigration en générale c’est selon l’agence PANA c plus 200 milliards de Fcfa vers le Mali à travers les réseaux de transferts légaux, qui eux appartiennent aux européens.

En tout cas, tant qu’on n’attaquera pas le mal par la racine, qu’on prendra des semblants de mesures dissuasives du genre Fontex, utiliser la force contre les passeurs, améliorer les secours sur la mère, les immigrants braverons la mort et viendrons de plus en plus nombreux. Pour preuve, malgré les morts, 200 autres ont débarqués hier.

dimanche 19 avril 2015

PHASE D’ACHEVEMENT DU RAVEC AU NORD
Les efforts consentis par la MINUSMA


Compte tenu de la situation d’insécurité dans le nord du Mali, la MINUSMA a aidé le Mali a achevé l’opération RAVEC, afin de doter le pays d’un fichier électoral qui prenne en compte l’ensemble des maliens. Mais la région de Kidal n’a pu bénéficier de l’opération.
Gao, Tombouctou et Mopti ont bénéficié de la phase d’achèvement de l’opération RAVEC lancée par la Minusma. Dans la région de Tombouctou, la présence des groupes armées a empeché la tenue de l’opération dans les communes de Salam et de Ber, une partie des communes de Lafia et de Bourem-Inaly  dans le cercle de Tombouctou. Tins-Aïcha, Tilemsi, Alzounoub dans le cercle de Goundam n’ont pas pu accueillir les équipes du RAVEC. A l’exception de ces communes, toutes les autres ont pu accueillir l’équipe de RAVEC, avec l’appui sécuritaire des Forces Armées Maliennes (FAMA) qui ont escorté des équipes vers les communes de Horibomo, Ouinerden et Hanzakoma.
A Gao, le RAVEC  a pu se tenir dans les 3 cercles sur les 04 que compte la région. Du fait de la présence des groupes armés, Menaka n’a pas pu accueillir le RAVEC. Aussi, les communes de N’tillit, Anchawadi, Tilemsi dans le cercle de Gao ainsi que celle de Talataye dans le cercle d’Ansogo n’ont bénéficier de l’opération.  Dans la région de Gao, l’équipe de Ravec a fait l’objet d’(‘attaques des groupes armés à Bamba dans le cercle de Bourem. S’il n’y a pas de perte en vie humaine, ils ont emporté le matériel qui par la suite à été retrouvé. Là encore l’armée malienne a joué sa partition en accompagnant les équipes de Tin-Hama et Tessit dans le cercle d’Asongo.
A Mopti, le Ravec a pu se dérouler sans incidents majeurs dans toute la région. L’attaque de Tenenkou est survenue après les opérations. Les FAMA, ici, n’ont pas eu à intervenir.

Sur les 17 cercles et 184 communes que comptent les 03 régions du Nord, 16 cercles et 171 communes ont pu accueillir les équipes RAVEC.
GOUVERNANCE DU MALI
Le MP22 appelle à rompre définitivement avec le régime IBK



Ce mercredi 15 avril au moment ou des délégations  de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) étaient attendues à Alger pour parapher l’accord de paix, le Mouvement Populaire du 22 Mars (MP22) tenait une conférence de presse à Bamako pour  dénoncer un accord de démantèlement de notre pays.
Comme à ses habitudes depuis le coup d’Etat du 22 Mars 2012, les déclarations du MP22 de ce mouvement sont aussi fracassantes les unes  que les autres.  Pour le MP22, ce accord va démanteler l’Etat unitaire du Mali via la régionalisation qu’il prône et le statut particulier qu’il concède aux régions du Nord Mali.  Le paraphe de ce document par le gouvernement est selon Mohamed Tabouré le conférencier, une trahison qui n’apportera jamais la paix.
Car,  sans le démantèlement  des séparatistes, des jihadistes et leurs soutiens, les notions de décentralisation poussée, de régionalisation avec la possibilité de choisir son reviennent à reconnaitre par la force des choses « l’Azawad » estime le MP22.
Le mouvement reproche  au régime de s’être acoquiné avec la France et les Etas Unis pour leur céder les bases militaires de Tessalit et de Gao. A son élection le président avait promis que nul ne sera au dessus de la loi. Mais le constat aujourd’hui selon le MP22, c’est la levée des mandats d’arrêt de la justice malienne contre les élus et chefs de guerre rebelles assassins d’Aguel hoc et le recyclage électoral de 03 d’entre eux au sein du parti présidentiel.
Des pratiques, qui doivent selon les leaders du mouvement n d’appeler ceux  qui « s’illusionnent encore sur ce régime de rompre définitivement avec lui … »
Le MP22 qui a soutenu le putch du 22 Mars contre ATT, pense aujourd’hui que son régime valait mieux que l’actuel d’IBK.
Après avoir fustigé l’accord de défense signé avec la France et qui met notre armée dans une position de spectateur, le MP22 appelle à la libération de Sanogo et compagnie qui sont selon eux détenus arbitrairement.
Ils ont réitéré leur soutien au Groupe Armé Touareg Imghad et Alliés (GATIA) qui récemment a infligé de lourdes pertes au MNLA et aux jihadistes.

Le MP22, selon Pérignama Sylla n’est pas contre le retour d’ATT au pays, à condition qu’il réponde de ses actes devant la justice.

dimanche 12 avril 2015

CRISE DE L’EMPLOI AU MALI
La reconversion dans l’air du temps


Face à l’incapacité des diplômes de nos universités à  procurer de l’emploi à de nombreux jeunes ; ils ont décidé de prendre leur destin en main. Ils essayent désormais la reconversion vers des créneaux et corps de métiers dits porteurs.
Le chômage dans notre pays est endémique.  Tout le monde s’accorde à le dire. Les jeunes diplômés de nos universités peuplent nos rues autour des théières, à déposer sans grands espoirs leurs dossiers dans les structures de la place ou a enchainé stage après stage sans être embauchés.
Mais, malgré ce constat, ils sont des milliers chaque année à venir peupler le marché de l’emploi déjà saturé.  Pour quitter cette sphère de paupérisation croissante,  échappé au cercle vicieux des petits boulots de survie, les jeunes maliens ont décidé de prendre leur destin en main, en s’orientant vers les secteurs employeurs et porteurs. Ils se reconvertissent donc. Pour…….. Boiré, conseiller technique à l’Assemblée Permanente des Chambres de Métiers du Mali (APCMM) «  les jeunes se rendent à l’évidence que les secteurs comme l’artisanat ne sont pas dégradant comme on tente de faire croire. » mieux, c’est des secteurs qui emploient plus que la fonction publique. Depuis le début de mois de Mars ils sont une centaine à participé chaque samedi et dimanche aux formations initiées par le Réseau des Ambassadeurs du Développement (RADEV) à Daoudabougou. Formés en montage de projet et en leadership, les opportunités qu’offrent l’agrobusiness et l’artisanat qui sont des secteurs dits porteurs, sont exposées aux jeunes. Les aspirants au même sous secteurs de l’agriculture ou de l’artisanat, sont regroupés dix par groupe, coachés, mieux outillés sur le secteur choisi, comment acquérir les financements et vers qui se diriger pour les avoir. « Après ces deux jours de formations, je suis désormais sûr que je ne vais plus durer au chômage. » admet Adama Coulibaly détenteur d’une maîtrise en  géographie, à sa sortie de la formation. Adama, à l’image de plusieurs autres formés, se disent prêts à s’investirent vers ces secteurs qu’ils jugent « prometteurs ».
Des juristes….maçons ?
L’Etat les y accompagne. Dans la deuxième génération de son Programme d’Emploi Jeunes (PEJ2), l’Agence pour l’Emploi des Jeunes (APEJ), prévoit la reconversion des jeunes vers « 14 filières » selon son coordonateur régional du district Abdoul Kader Sylla. Jugées porteuses par la Direction Nationale de la Formation Professionnelle (DNFP), ces filières sont entre autres : La maçonnerie, l’électricité bâtiment, plomberie sanitaire, carrelage, peinture bâtiment, système d’information géographique, coupe-couture stylisme, la transformation agroalimentaire, la chaudronnerie, l’infographie etc.  S’étendant sur une durée de 3 à 6 mois selon les filières, les objectifs est de « renforcer l’employabilité des jeunes » selon Abdoul Kader Sylla. Débuté le 16 mars pour prendre fin le 30 du même mois, la date compte tenu de « l’engouement » a été prolongée pour prendre fin hier 08 Avril. A la date du premier Avril, la coordination enregistrait plus de 600 dossiers pour le seul district de Bamako pour les 834 places disponibles pour l’ensemble du territoire. Un nombre qui peut être revu à la hausse, en fonction de
 « la demande et de la disponibilité des ressources » lâche Abdoul Kader Sylla.

Des diplômes de plomb
 « Nos universités forment des chômeurs », cette phrase n’émeut plus personne, tant le fait  est vécu dans presque toutes les familles maliennes et en passe d’être banalisé. L’incompatibilité entre la formation et l’emploi est pointé du doigt. « Le Mali compte plus de juristes de géographe et de socio anthropologue que de mécaniciens auto, de menuisiers de soudeurs. » lance cet artisanat à la tâche et de conclure comme une sentence « aucun pays ne peut se développer qu’avec des théoriciens. ».

Des théoriciens qui décrient cette politique de l’Etat qui consiste « à former pour former » sans alternatives pour les diplômés. « Je m’étonne que des filières entières ne sont pas concernées lors des concours d’entrée à la fonction publique » s’indigne Moussa kanté formé en science de l’éducation à l’ex Faculté des Lettres Arts et Sciences Humaines (FLASH).  Le diplôme malien souffre de son « infériorité » face à ceux obtenus en France, au Maghreb et dans la sous région. Ce double handicap  que constituent « l’incompatibilité » et « l’infériorité » doit pousser l’Etat à reconsidérer sa politique de formation en orientant plus d’efforts vers la formation professionnelle selon ……Bouaré conseiller technique à l’APCMM. Les jeunes ont déjà enclenché la dynamique, reste à l’Etat d’accompagner plus efficacement en y consacrant plus de moyens pour résorber le chômage des jeunes et relancer l’économie Malienne.
FOUSSEYNI MAIGA PRESIDENT DU RADEV

« 2000 personnes ont pu d’ores et déjà bénéficier de nos formations en entreprenariat et leadership. »
Aider les jeunes en les formant au leadership, à l’entreprenariat et en les orientant vers des secteurs porteurs, voici, la mission que s’est assignée le Réseau des Ambassadeurs pour le Développement (RADEV). Fusion de plusieurs associations de jeunes, ce réseau se veut un outil de promotion de l’auto emploi et d’aide à l’insertion des jeunes. A bâton rompu, son président nous expose, sa raison d’être, ses objectifs et ses perspectives.

 Le  Pouce C'est quoi le RADEV ?
Fousseyni Maïga : Le Réseau des Ambassadeurs du Développement (RADEV-MALI) est une association de réflexion et d’action citoyennes dont la mission est de promouvoir le développement au Mali. Le Radev-Mali œuvre en faveur d’un double changement, celui des mentalités et des comportements au Mali. A cette mission s’ajoute la promotion des Objectifs du Millénaire pour le Développement. Le RADEV est une entité indépendante dont les actions sont exclusivement orientées en faveur des communautés locales et du développement communautaire.
Nos actions s’articulent autour de 4 axes majeurs que sont: la formation et les renforcements de capacités ; les études et publications ; l’information et la sensibilisation ; le lobbying et les plaidoyers.
Nos domaines d’activités stratégiques sont : l’éducation et la santé; la sécurité alimentaire ; la culture et la citoyenneté ;l’emploi des jeunes ; le développement durable ; la démocratie et la bonne gouvernance ;  la justice et la réconciliation ;  l’environnement et l’assainissement.

Le Pouce : Quelles sont les cibles des formations en entreprenariat et leadership que le Radev organise ?

FM : Rappelons d’abord que ses formations s’inscrivent dans le cadre du Projet REJESEP ‘’Réorientation des Jeunes vers les Secteurs Porteurs’’. Une initiative du Radev qui s’inscrit dans le cadre de la promotion des secteurs productifs comme l’Agriculture, l’agro-business, l’élevage, la pèche auprès des jeunes. Axé sur la promotion de l’entreprenariat et d’activités génératrices de revenus, le projet REJESEP comprend quatre (4) composantes :  la Formation de 2000 jeunes en Entreprenariat et Leadership ; l’installation (identification de projet, conception de plan d’affaires, appui à la recherche de financement et coaching individualisé) de 1000 jeunes dans des activités génératrices de revenus ; la formation de 1000 jeunes en techniques de recherches d’emploi et coaching personnalisé jusqu’à l’obtention d’un emploi ou stage ; une campagne de plaidoyers pour l’introduction des modules d’Entreprenariat dans les cursus universitaires (à partir de la 3ème année) et professionnels (dès la spécialisation).
La première composante du projet REJESEP, notamment la formation gratuite de 2000 jeunes en Entreprenariat et Leadership, cible particulièrement les étudiants en fin de cycle et les jeunes diplômés sans emploi.
Le Pouce : Quels sont les modules abordés dans ces formations ?

FM : Les formations portent sur 4 modules principaux qui sont : les Créneaux porteurs, l’Agro-business, l’entreprenariat, le leadership et le développement personnel. Tous ces modules visent une meilleure appropriation des concepts de leadership et d’entreprenariat par les jeunes et l’acquisition de connaissances et de techniques pour valoriser leur potentiel. A cet objectif, s’ajoutent la promotion du développement et la vulgarisation des nouveaux outils de création d’entreprises.

 Le Pouce:Qu'est  ce qui selon vous pousse les jeunes vers la reconversion ?

FM : Bien entendu le manque d’emploi. Mais limiter la problématique de la reconversion uniquement à cet aspect, serait lui ôter toute sa quintessence. Parce que la reconversion en elle-même ouvre le débat sur l’inadéquation des offres de formations et les besoins du marché de l’emploi. L’Etat dépense chaque année des milliards dans la formation de juristes, d’économistes, de littéraires. Ces derniers, au terme de leur formation initiale, se retrouvent tout simplement dans la rue parce que ne répondant pas aux besoins du marché de l’emploi. Les jeunes sont donc, pour ne pas rester inactifs, obligés de se reconvertir vers d’autres secteurs d’activité.  

Le Pouce :  L'agro business et l'artisanat sont des créneaux vers lesquels vous invitez les jeunes, pourquoi?

F M : Pour la simple raison qu’ils regorgent de nombreuses opportunités et potentialités. Au Mali, le secteur Agricole (agriculture, élevage, foresterie et pêche) est considéré comme le moteur de la croissance économique en raison des énormes potentialités dont dispose le pays et de l’importante majorité de la population qu’il emploie (80% de la population active). Le secteur contribue en moyenne pour 40 à 45% au PIB avec un taux de croissance moyen de 3,6% par an. Par comparaison, l’or qui constitue la principale ressource minière du pays, contribue au PIB à hauteur de 10%.

Le Mali recèle de grandes potentialités Agricoles. Pour ce qui concerne la production, le potentiel des espaces physiques est globalement estimé à 46, 6 millions d’hectares, dont 12,2 millions d’ha de terres Agricoles, 30 millions d’ha de pâturage, 3,3 millions de réserve de faune, 1,1 million de réserve forestière. La superficie des zones cultivables et inondables est estimée à 2,2 millions d’hectares. En plus, le Mali a des ressources importantes en eaux  avec 2.600 km de fleuve, une grande diversité biologique, des ressources forestières et fauniques, et un cheptel abondant et diversifié (9 millions de bovins, 22 millions d’ovins/caprins, 1 millions de camelins, 37 millions de volailles). Des statistiques qui prouvent à suffisance la nécessité d’investir dans le domaine de l’Agro-business.
Quand au Secteur de l’Artisanat, il reste sans conteste un gisement puissant  d'emplois dans le milieu urbain, périurbain et rural susceptible d'appuyer efficacement la lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes. En effet, il offre un grand choix de carrières possibles et de réelles opportunités à chaque jeune de devenir son propre patron. Toutefois, l’atteinte de résultats concrets et efficaces requiert nécessairement la mise en lien des différents acteurs de développement autour d’offres de formation professionnelle et de services financiers et non financiers adaptés aux réalités socioéconomiques du secteur de l’artisanat et de ses acteurs.

Le Pouce : A ce jour combien ont bénéficié de la formation du Radev et qu’elle est la suite ?

F M : 2000 personnes ont pu d’ores et déjà bénéficier de nos formations en entreprenariat et leadership. 5000 personnes sont prévues dans les deux années à venir sur toute l’étendue du territoire national.

La formation, comme prévu dans le projet Rejesep, est la première composante. Elle sera suivie de 3 autres phases. La plus imminente est l’installation des participants dans des activités génératrices de revenus. Il s’agira de les aider dans l’identification de leur projet, la conception de leur plan d’affaires et la recherche de financement. Un dispositif de coaching individualisé a d’ores et déjà été mis en place pour cette occasion. Il est également prévu, parallèlement à l’installation des bénéficiaires, une campagne de plaidoyers pour l’introduction des modules d’Entreprenariat dans les cursus universitaires (à partir de la 3ème année) et professionnels (dès la spécialisation).


Le Pouce : Si tant est que après plusieurs années d'études il faut ensuite aller vers des formations et autres, alors, faut-il fermer les facultés ?

F M : Fermer les facultés pour mettre un terme à la reconversion des jeunes, c’est pousser les enseignants à la reconversion. Pour la simple raison que sans facultés, il ne saurait avoir d’étudiants. Et sans étudiants, pas d’enseignants. Le défi aujourd’hui pour notre pays, à court terme, est de réduire de 80% les orientations des bacheliers dans les facultés dont les formations n’offrent pas de véritables opportunités pour les jeunes.
Dans le court terme, il conviendra à l’Etat de mettre en place un programme national de reconversion des jeunes vers les secteurs productifs pour palier à la défaillance due à l’inadéquation entre les offres de formation et les besoins du marché de l’emploi. Aussi, d’introduire l’entreprenariat dans les cursus universitaires et professionnels pour répondre de manière anticipative au problème de chômage des jeunes.
Dans le long terme, le défi sera de renverser la tendance ‘’20% de scientifiques contre 80% de littéraires’’ vers une tendance ‘’70% de scientifiques contre 30% de littéraires’’. Avec la création de beaucoup plus de centres professionnels et le développement de formations courtes. Les universités régionales, à l’image de celle de Ségou, axées sur les potentialités et besoins locaux doivent être multipliées.
Il ne s’agira donc pas de fermer les facultés existantes, qui n’offrent pas assez de perspectives, mais de les réadapter aux réalités économiques conjoncturelles du pays. Et d’ouvrir le débat sur les missions de notre système d’enseignement supérieur. 
Réalisée par Mohamed DAGNOKO
FESTIVAL DE KIRINA
« Construire la mémoire actuelle »

Située à 30 km de Bamako dans la commune rurale du Mandé  la ville de Kirina a abrité du 09 au 12 Avril dernier le festival du même nom. Une occasion de faire découvrir l’immense richesse de la zone et contée son histoire légendaires aux jeunes générations. La cérémonie d’ouverture a enregistrée la participation des députés, des chefs griots, et des populations venues de tout le mandé. La cérémonie était présidée par le ministre de la culture, Ndiaye Ramatoulaye Bah.
Face à la mondialisation qui ne laisse aucune place aux peuples désorientés, les organisateurs ont choisi de valoriser la culture malienne. Et, le lieu choisi à cet effet, a été Kirina. Kirina, car c’est là qu’est né l’empire du Mali suite à la victoire de Soundiata sur Soumahoro Kanté. Selon le Directeur du festival, Lassana Kamissoko « Kirina   a une histoire que le monde entier doit découvrir. »  Le chef du village Bangaly Kamissoko, à salué le choix porté sur Kirina qui selon lui, est un exemple en matière de paix et de cohésion au Mali. Le Maire Mamadou Keïta ne dira pas autres choses. Selon lui, « notre salut face à la mondialisation, qui tend à uniforiserles mœurs est la valorisation de nos valeurs et leur enseignement aux jeunes générations. ». Les interm-des musicales de l’ensemble instrumentale ; du groupe  djiguiya qui ont entre coupé les différentes allocutions ont tous appelées à la paix et à la cohésion pour un Mali prospère. Au lancement de ce festival identitaire, dont l’objectif est de promouvoir le patrimoine culturel du Mandé, le ministre de la culture, Ndiaye Ramatoulaye Bah dira que « la culture est davantage ancrée dans nos lointaines contrées dans sa forme authentique ; qu’il nous appartient de promouvoir. » Si l’histoire du Mandé et de Kirina à de quoi rendre fier les maliens, il ne faudrait pas rester dans la « contemplation », mais plutôt songer à imiter nos « devanciers ». Au Mandé où tout est  culture, où tout est source de savoir, s’y retrouver le temps d’un festival ; ce n’est pas « pour refaire le monde, mais construire la mémoire actuelle » a dit le ministre.  Le festival a permis aux visiteurs de se ressourcer, mais aussi aux populations de valoriser leur ressource naturelle et leur culture.   C’était aussi l’occasion pour certains de renforcer leurs connaissances de l’histoire du Mandé, de découvrir les potentialités artistiques et culturelles de la zone, de créer un cadre d’expressions artistiques, culturelles et artisanales etc. Les organisateurs ont mis ce temps à profit pour  construire un musée, faire le plaidoyer pour que certains sites historiques ( bois sacré de Kirina ; statues de soundiata et de Soumaoro ; sinakourou ;  kôleen etc) figurent dans  la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.  Des expositions ; des réalisations de récits sur l’histoire du Mandé en général et de la bataille de Kirina en particulier fait par des universitaires, des griots à travers des conférences débats, veillées, projections, contes ; des concerts avec des artistes maliens et étrangers dont dont Master Soumi, Gaspi, Ami Koïta,  Sékouba Babino, Bouyé Koité, Mabara Soumano sont entre autres activités qui ont meublé ce festival.

La reconstitution des scènes de guerre entre Soundiata et Soumahoro Kanté a été l’un des moments forts de ce festival.
ALCORD DE PAIX D’ALGER
La CMA, signera….signera pas ?

Décidément cette histoire de paraphe d’accord d’Alger, c’est à y perdre son latin, tant le vocabulaire pour en parler est désormais riche et son nord, tant on sait plus où donner de la tête. Le PM nous dit que l’accord sera signé le 15 Avril, la CMA dément. Qui croire.
Paraphé à Alger le 01 Mars dernier par l’Etat malien et la plate forme, sans celui de la coordination des Mouvements de l’Azawad, l’accord fait couler beaucoup d’encre et de salive. Pour justifier son refus de parapher, la CMA a avancé comme argument de d’Abord « consulter sa base ». Mais en réalité, la CMA qui revendique l’indépendance des trois régions du Nord, n’a consulté qu’à Kidal du 12 au 15 Mars. Là, c’est une foule de badauds manipulés qui sont sortis sous la pression pour disent-ils fustiger et refuser l’accord.
Les deux semaines accordées par la médiation à la CMA pour ce faire, va s’écouler sans que personne ne pipe mot. Mieux, la CMA c’est offert le 17 Mars dernier le luxe de convier l’ensemble de la médiation à Kidal. Pour trouver les mots et masquer sa faiblesse et ce qui pourrait être considéré comme un parti pris, la médiation dira que cette visite avait pour but « d’encourager la CMA de prendre la bonne décision consistant à se joindre à la dynamique ayant présidé au parachèvement de la négociation, en procédant au paraphe de l’Accord, puis à sa signature. ». A celle-ci la CMA a demandé que le compteur de rounds de négociations qui affiche 05, soit remis à zéro.  Pour l’une des rares fois, les « enfants gâtés » de la CMA n’ont pas été suivi dans leur de marche, ni par la médiation ni par l’Etat.
C’était le statuquo. Mais ce jeudi 09 Avril, à la surprise générale, le Premier Ministre Modibo Keïta a annoncé le revirement 180° de la Coordination, qui décide selon lui de parapher l’accord le 15 Avril. Ce paraphe allait mettre un terme aux pourparlers de paix d’Alger.
Le jour d’après, c’est un communiqué  signé par Mossa Ag Attaher  qui vient démentir les propos tenus par le premier ministre. Selon ce communiqué qui selon Mossa Ag engage toute la CMA, rien ne sera signé le 15 Avril. Les raisons : ses amendements remis à la médiation le 17 Mars dernier n’ont pas été pris en compte.
Mais le hic, c’est que ce communiqué n’émanerait pas de la CMA ; mais plutôt du Mouvement Nationale de Libération de l’Azawad (MNLA) qui est une composante majeure, sinon la plus représentatif au sein de la coordination.
« Aucune décision n'a été prise par le MNLA pour parapher ou non le document », c’est ce qu’affirmait il y a peu  Attayer Ag Mohamed, un représentant du MNLA, cité par des médias.
Au même moment, des responsables de la CMA joint par le site d’information Xinhua, affirment être favorables au paraphe de l’accord le 15 Avril soit dans deux jours.
Si la dissension au sein de la CMA ne fait l’objet d’aucun doute, il y a lieu de questionner le gouvernement et plus particulièrement le premier ministre sur le bord et la crédibilité de son interlocuteur au sein de la coordination.
Car de tout temps, le faux-fuyant, le dilatoire ont été les sports dans lesquels les membres de cette coordination ont excellé.
Encore une fois, c’est la crédibilité d’un homme et par ricochet celle de tout un gouvernement qui prend un sacré coup.  En attendant le 15 et voir ce qui va se passer, prenons cette annonce  comme un poisson d’Avril « primatorial. »